La race normande est issue de l’amélioration
progressive de races locales de Normandie, homogénéisées au XIXe siècle.
Identifiée depuis 1883 dans le premier livre généalogique bovin français, la
vache Normande est aujourd’hui un atout économique pour les éleveurs ; de plus
elle est dotée d’une forte notoriété et d’une image de qualité dans l’esprit du
consommateur.
La race bovine Normande est une race à double
aptitude, c’est à dire qu’elle est capable de produire à la fois du lait et de
la viande. Son lait est riche, autant en Matière Grasse qu’en Matière
Protéique. De plus, il est recherché par les transformateurs et a contribué
à la réputation des fromages et crèmes Normandes.
Les animaux mâles peuvent être valorisés aussi
bien en veaux blancs, qu’en jeunes bovins ou qu’en bœufs. Les femelles même
après plusieurs lactations donnent une viande savoureuse connue pour sa saveur
et son persillé. De plus, la Normande, est caractérisée par sa capacité à valoriser
les fourrages, est économiquement très intéressante. La sélection en race
Normande est dynamique et efficace. Les objectifs basés sur le maintien et l’amélioration
de ses performances laitières et bouchères ainsi que sur les aptitudes
fonctionnelles garantes du confort de travail des éleveurs : la fertilité, la
longévité, la facilité de vêlage et la docilité,
La Normande est issue de trois
races :
la La Cotentine, race de grande taille et de taille supérieure à la moyenne de l'époque, rouge bringuée à production laitière. La Canadienne qui en est issue lui ressemble beaucoup.
l'AL'Augeronne, de couleur blanc
truitée, plus petite, plus fine et plus apte à l'engraissement.
a La Cauchoise, pie rouge avait
une tête toute blanche ou majoritairement blanche.

Avant
le XVIIIe siècle en effet l'élevage bovin n'est
qu'une activité secondaire pratiquée sur les landes et
les jachères. Le bœuf
est élevé pour sa force de travail mais remis à
l'engraissement après quelques
années de service selon les mêmes pratiques de vaine
pâture. Tous les soins
sont apportés à la polyculture vivrière. La
Normandie n'est pas alors un pays
de prairies mais une terre de labours, déjà au tournant
du XVIe siècle et de plus en plus au XVIIIe siècle, les
données du problème ont
commencé à changer.
Les
terres basses du Bessin et du Cotentin, du Pays d'Auge et du Pays de
Bray sont
les premières tâches entièrement vertes sur la
carte de l'agriculture normande.
Le chemin de fer et la croissance urbaine du XIXe siècle
libèrent les possibilités
de spécialisation de l'agriculture régionale par le
transport des denrées et
une demande plus soutenue. Les crises frumentaires de la fin du XIXe
siècle aidant, la vague herbagère submerge la Normandie,
de 1850 à 1930. C'est
la chance de la normande.
Cette chance a été exploitée d'abord en surmontant la
menace de la "bâtardise".
Dès la Monarchie de Juillet, et surtout sous le Second Empire, l'Etat prétend
se mêler de l'élevage normand. Obnibulés par la nécessité d'augmenter la
production de viande pour le marché urbain, et fascinés par les performances
des éleveurs anglais, les agronomes du Ministère poussent au croisement des
races bovines indigènes avec l'anglaise de Durham, bête à graisse aux
performances quasi monstrueuses. Le réseau des Haras, et en particulier le
Haras du Pin dans l'Orne, est mobilisé pour offrir aux éleveurs normands les
services des reproducteurs durham. Les concours d'animaux des années 1860 à
1880 valorisent systématiquement les durhams purs ou croisés. L'éleveur normand
est une cible privilégiée de cette propagande. Depuis longtemps les bœufs
normands sont les rois du défilé du "Bœuf gras" à Paris où chaque
année des animaux de près de deux tonnes (!) sont sacrifiés à la population.
Mais
les éleveurs regimbent. Ils pensent que le croisement avec les
durhams
affaiblit les performances laitières qui enrichissent les
régions d'élevage les
plus dynamiques (Bessin, Bray). Surtout ils se sentent capables
d'adapter au
bétail indigène la leçon du développement
du durham : la sélection. Jusqu'au
début du XXe siècle, les zootechniciens distinguent
encore dans la race bovine
normande des rameaux différenciés : l'Augeronne, la
Brayonne, la Cauchoise, la Cotentine, etc. Chaque rameau
représente une évolution autochtone d'un ensemble
plus vaste, adapté aux besoins locaux et influencé par
des apports de sang
extérieur.
A la fin du XIXe siècle, les éleveurs normands entreprennent d'unifier ces rameaux
progressivement recouverts par la Cotentine, considérée comme la meilleure et
la plus ancienne des souches bovines normandes. Ce travail est
fait de connivence entre des familles, véritables dynasties d'éleveurs, qui
d'un bout à l'autre de la Normandie courent les marchés et les concours, et
s'échangent les meilleurs reproducteurs. Qu'ils s'appellent Lavoinne ou Lange
en Pays de Caux, Noël en Val de Saire, Hervieu dans l'Eure, et d'autres encore,
une élite d'hommes et d'élevages se met en place à cette époque.
En
1883, les meilleurs ont été inscrits au premier livre des reproducteurs du Herd
Book de la race bovine normande dont l'histoire complexe, faite de succès et
d'échecs, continue aujourd'hui au sein de l'UPRA normande.

Outre le grand Ouest (Normandie, Bretagne, Vendée, Pays de Loire, Poitou-Charente), la Normande a connu un gros succès à l’export, prenant le bateau dès la fin du XIXe siècle pour l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, on peut la retrouver sur tous les continents. Elle est en effet implantée depuis plus de 100 ans au Brésil, en Colombie, en Equateur, au Paraguay, en Uruguay, au Venezuela, où des associations propres à chaque pays contribuent à son amélioration génétique et à sa diffusion.
Elle se développe aussi en Europe, particulièrement en Belgique, en Suisse, en Grande-Bretagne et en Irlande. Elle est également présente aux Etats-Unis, en Australie et jusqu’au Japon.